Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

25/10/2014

Association ANAMECOGERA : Linou demande des comptes au Conseil général de l'Aude.

association unamecogera,conseil général de l'aude,stéphane linou,andré viola

 Stéphane Linou, conseiller général de Castelnaudary-Nord
Photographie DDM, archives Jean-Luc Bibal.

Stéphane Linou, le conseiller général du canton de Castelnaudary-Nord vient d'adresser un courrier à André Viola. Il demande des explications sur la gestion de l'UNAMECOGERA.

Face au silence qui entoure la gestion de l'UNAMECOGERA (Union amicale d'entraide des conseillers généraux de l'Aude), le conseiller général Stéphane Linou a décidé de sortir du bois. Hier, l'élu du canton de Castelnaudary-Nord a adressé un courrier à André Viola (président du conseil général) et à Alain Marcaillou (président de l'UNAMECOGERA). Dans sa missive, le conseiller général demande des comptes sur la gestion de cette association dont les statuts (flous) permettent de verser des compléments de retraites aux élus ayant exercé un mandat avant 1992. Dans notre édition de vendredi dernier, nous avions révélé que cette association, largement subventionnée par le département depuis le début des années 90, fonctionnait de façon singulière. Il ressortait de nos investigations que les instances de l'UNAMECOGERA n'avaient pas été renouvelées depuis 2005 alors même que ses statuts stipulent que celles-ci doivent l'être à chaque renouvellement du conseil général. D'autre part, il est apparu que le trésorier de l'association, le conseiller général Francis Bels, ignorait même faire partie de cette association.

Stéphane Linou s'interroge donc sur la gestion. Au-delà, le conseiller général s'émeut des conséquences désastreuses de cette affaire, rappelant que les associations demandant des aides financières à la collectivité doivent fournir quantité de garanties.

Plus clairement, il veut savoir qui a géré les fonds de cette association.

Le département, lui, a choisi de communiquer à minima. Reste que dans son communiqué en réponse à nos informations, le «Château» s'est bien gardé d'aborder le fond du problème, évoquant le seul fait que la subvention est versée de façon transparente et que les statuts de l'association, eux aussi, sont tout à fait explicites et «évidemment conformes à la loi». À un détail près toutefois. L'UNAMECOGERA, elle, n'a pas respecté les fondements de la loi de 1901. Le département évoque aussi que l'association «verse une retraite aux anciens élus qui ont cotisé pour l'obtenir, à une époque où il n'existait pas encore de mécanismes de reversement». Or à l'époque, les élus ne cotisaient pas. Tout au plus, pouvaient-ils adhérer à l'UNAMECOGERA. Ceux qui bénéficient aujourd'hui des versements de l'association étaient-ils à jour de leurs cotisations annuelles ?

Stéphane Linou sera-t-il seul au feu ?

Quitte à se faire passer pour un affreux petit canard, Stéphane Linou pose, dans son courrier, des questions. «Comment est gérée cette association (Ndlr : l'UNAMECOGERA) ? Pourquoi les documents habituels demandés à n'importe quelle association de village n'ont visiblement pas été demandés ? Pourquoi cette association a dans son bureau des élus, et en particulier aux postes exécutifs, qui se trouvent également au sein de la commission permanente ? Qui dispose de la procuration qui permet de faire fonctionner le compte ?» Stéphane Linou sera-t-il aujourd'hui à l'occasion de la session du conseil général, le seul à monter au feu ? D'autres élus (Francis Bels ou Jacques Arino par exemple qui ignoraient être membres de cette association) le suivront-ils dans sa requête ? En attendant, le conseiller général n'exclut pas l'idée de saisir le procureur de la République et le directeur départemental des finances publiques.

Journal La dépêche du Midi, Edition du 24 octobre 2014, B. H.

Les commentaires sont fermés.