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01/04/2014

Merci François, Merci Jean-Paul : les classes moyennes principales victimes de la réforme des allocations familiales.

Près de 3,5 millions de ménages voient fondre leurs aides pour redresser la branche famille de la Sécu.

Allocations familiales - Le Figaro.jpg
Photographie : Sébastien Soriano - Le Figaro.

 Les premiers effets de la baisse des dépenses publiques sur les ménages, c'est maintenant. L'essentiel de la réforme des allocations familiales, présentée en juin 2013, entre en effet en vigueur ce mardi 1er avril. Pour redresser les finances de la branche famille de la Sécu - 2,5 milliards de déficit l'année dernière - le gouvernement a mis à contribution les familles. D'ici à la fin de la décennie, 3,5 millions d'entre elles sentiront l'effet de ce plan de rigueur qui générera 1,54 milliard d'euros d'économies, d'après les dernières estimations de la Caisse nationale des allocations familiales. Le gouvernement a toutefois revalorisé les aides familiales en faveur des plus pauvres aussi, avec 400.000 «gagnants» à la clé.
À cause de la complexité des aides familiales, il est difficile de savoir qui figure parmi les plus grands perdants de la réforme. En première ligne, on retrouve toutefois les couples élevant plus de trois enfants. Ils perdront en moyenne 790 euros par mois. Par ailleurs, les jeunes familles, composées d'enfants entre zéro et trois ans, souffriront beaucoup. Les coupes se concentrent en effet largement sur les aides à la petite enfance. Enfin, malgré la volonté de l'exécutif de «recentrer les prestations sur les familles en ayant le plus besoin», 8% des perdants seront des ménages pauvres.
À partir de ce 1er avril, l'allocation de base de la Paje (prestation d'accueil du jeune enfant) est réduite de moitié pour les couples gagnant plus de 4000 euros à deux. Seuls les nouveaux parents seront concernés. Plus de 200.000 familles seront touchées à l'issue de la montée en charge du dispositif, en 2017.
L'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant ainsi que la prime de naissance et d'adoption ne sont pas revalorisées, et ce jusqu'en 2016. Cette mesure qui ne s'applique, là encore, qu'aux nouveaux bénéficiaires, touchera 1,8 million de familles lorsqu'elle tournera à plein.
La majoration de 184 euros par mois du complément de libre choix d'activité, qui bénéficie aux parents les plus aisés (revenu d'environ 4500 euros par mois pour deux enfants), est supprimée pour les nouveaux parents à partir du 1er avril. Près de 50.000 familles seront ainsi pénalisées à terme.
Le complément familial sera majoré, d'ici à 2018, de 50% pour les parents de 3 enfants et plus vivant sous le seuil de pauvreté. Près de 428.000 familles se trouvent dans ce cas. L'allocation de soutien familial, versée aux parents isolés, qui n'ont pas ou très peu de pension alimentaire, sera pour sa part augmentée de 25%.
À noter que les allocations familiales qui ne sont pas concernées par les coupes budgétaires, seront revalorisées de 0,6% à partir d'avril.

Journal Le Figaro
1er avril 2014
Guillaume Guichard